Se créer ses propres images: Entretien avec les danois The Good The Bad

Publié le par LA GIG BOX

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«Adam m'a invité un jour à un concert d'un groupe que je suivais depuis des années. Après ça on a échangé nos numéros, et un jour il m'a appelé. On a tout de suite commencé à enregistrer ensemble, dans mon studio. Nous n'étions pas vraiment un groupe, mais sans le savoir nous avons commencé à écrire ce qui allait devenir notre premier album. Au bout d'un moment, on s'est dit qu'il fallait sortir nos morceaux, et c'est là qu'on a eu l'idée de former un groupe. C'était il y a presque 7 ans. Mais nous ne sommes un véritable groupe que depuis 3 ou 4 ans.»

Anne-Line, blogueuse de Sound Of Violence (Webzine sur l'actualité du rock exclusivement britannique) s'est joint à moi pour mener cette interview: c'est donc il y a une semaine que nous avons rencontré ensemble le groupe danois The Good The Bad, à l'Elysée Montmartre. Les trois garçons allaient ouvrir la soirée du Black Rebel Motorcycle Club. Enfin, "trois": Adam, le chanteur était parti se changer à l'hôtel, et le bassiste était un remplaçant. C'est donc avec Johan Lei Gellet, batteur du groupe, que nous nous sommes entretenues.

 

 

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Et oui, un groupe danois. C’est vrai qu’au final, des groupes danois en France, on n’en connaît pas beaucoup, ils sont un peu discrets. Bien sûr il y en a un incontournable: The Raveonettes (de circonstance, quand on sait que Leah Shapiro, batteuse du BRMC, était batteuse des Raveonettes). Alors Peter Hayes & Robert Levon Been, un intérêt pour les groupes danois?

 «En fait, nous avions demandé à faire la première partie de Black Rebel Motorcycle Club uniquement pour leur date à Copenhague, et finalement ils nous ont répondu qu'ils voulaient qu'on fasse toute la tournée européenne! Malheureusement ils nous ont prévenu au dernier moment, donc nous n'avons pu caler que quatre dates au final, et ce soir sera la dernière.»

 

Une première partie. Toujours un peu délicat comme situation. Peu de temps pour convaincre, peu de temps pour intéresser un public qui n’est pas venu vous voir vous, mais l’énorme groupe BRMC (dans le cas présent). «Nous avons été agréablement surpris! D'habitude, c'est assez dur pour un groupe de première partie d'attirer l'attention d'un public qui a acheté un billet pour écouter quelqu'un d'autre... Mais ces dates ont été de très belles expériences. Les gens avaient l'air vraiment heureux. Les BRMC ont un public vraiment sympa!»

 

Pour nous, The Good The Bad est une découverte: c’est la première fois qu'ils viennent jouer à Paris, et c'est (encore une fois) pour une grosse occasion. «En fait, nous avons déjà joué dans le coin... Le mois dernier! C'était quelque part en banlieue. Je ne me rappelle pas le nom! C'était dans un petit club. C'était la première fois que je venais en France. Je suis très content d'être de retour ici. Nous ne pensons pas trop au fait que nous jouons en ouverture, pour les BRMC. Nous jouerons comme nous avons toujours joué. Même si nous avons conscience qu'ils nous font une grande faveur en nous laissant jouer avant eux!»

 

 

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The Good The Bad, groupe danois, no queen (il y en a pourtant une au Danemark, mais il ne s'agit ici en aucun cas du projet de Damon Albarn!). Rock instrumental, garage, influences psychédéliques, méthode expérimentale. «Nous n'écoutons pas exclusivement de la surf music. Au début on écoutait plutôt les Rolling Stones, The Who, The Doors, tous ces groupes sixties. C'est ça notre plus grande influence, la scène sixties. Nous n'avons jamais vraiment réfléchi au fait de ne composer que des instrumentales. Lorsque nous avons commencé à travailler ensemble, nous n'avions qu'une guitare et une batterie. Et comme aucun de nous ne savait ni chanter, ni écrire... Avec notre musique, le public peut imaginer ses propres paroles, ses propres images, nous n'essayons pas de leur ''vendre'' une chose toute faite. C'est comme lire un livre: on se fait ses propres images dans la tête. Au cinéma par exemple, tout le travail est mâché pour vous. Ce n'est pas ce que nous faisons. Nous laissons les gens ressentir leurs propres émotions.»


Une musique donc uniquement instrumentale, ajoutée à la dure tâche de la première partie, et pour pas n’importe quel groupe: ils accumulaient les difficultés. On attendait de voir la réaction du public et l’accueil des danois, à leur entrée en scène. «Je pense que d'abord que le public sera un peu dubitatif. Puis lorsque les gens entendront la guitare, c'est là qu'ils comprendront. La guitare remplace le chant chez nous. Lorsque nous avons fait le soundcheck avec l'ingé-son, nous lui avons dit que la guitare devait être bien au-dessus du reste, comme si c'était le micro du chanteur principal. C'est elle qui crée la mélodie.»

 

 

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Les trois musiciens sont arrivés à l’Elysée Montmartre et n’ont pas perdu quelques précieuses minutes de leur court live. Ils ont tout de suite annoncé la couleur, ils ont tout de suite fait monter la sauce. Les premiers rangs ont été très réceptifs à la grosse énergie qui se dégageait du groupe. Je pense que question compositions des morceaux on peut chacun construire son avis, mais on ne pourra pas critiquer leur grande volonté et énergie.

 

Certes la guitare fait la mélodie et la basse est très présente, mais les deux musiciens restent malgré tout extrêmement centré autour de la violente batterie. On s’est un peu fait saigner les oreilles, on va avouer. On n’a pas pris de claque, mais ce n’était pas si mal! Des rythmes intéressants, des mélodies très entraînantes et efficaces, et un guitariste charismatique: une première partie plutôt «The Good» pour moi. Dans tout les cas, les premiers rangs ont été très réceptifs, c'est toujours agréable à voir, et ça nous plonge dans une bonne ambiance. Une certaine complicité s'est rapidement installée entre le groupe et le public. Adam, le chanteur, est même descendu entre la crash-barrière et la scène pour jouer devant une nana. 


 

Alors The Good ou The Bad? Adam pose lui même la question à son public, et vend son groupe comme tout l’un, ou tout l’autre. Ils nous laissent donc bien le choix, à vous de voir!

Ils reviendront à Paris l’année prochaine «Nous avons déjà une date prévue l'année prochaine, ce sera un festival en juin. Le public français est tellement différent des autres pays. Les gens sont fous! Je me rappellerai toujours du public qu'on a eu la dernière fois! Sur les deux niveaux de la salle, les gens pogotaient partout, complètement déchaînés, c'était génial! » Si vous avez envie d’en être: Stay tuned!

 

 

 

Annelise Keestra

Retranscription de l'interview: Anne-Line Penhouët

 

 

Crédits photo - Couleur: © Annelise Keestra // Crédits photo - Noir et Blanc: © Anne-Line Penhouët.

Ces photographies ne sont pas libres de droits, veuillez nous contacter.

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